Les invasions de sauterelles se produisent par cycles
- Récession (période de calme). La plupart des criquets sont dispersés dans les zones désertiques arides. Les populations sont faibles. Les dégâts sont limités.
- Des pluies abondantes et généralisées créent des conditions favorables à la reproduction. Le nombre de criquets commence à augmenter rapidement.
- Les nouvelles générations s'installent dans de nouvelles régions et continuent à se reproduire. Les populations ne cessent de croître.
- D'immenses essaims d'adultes en vol se forment. De grands groupes de jeunes criquets (appelés « bandes de criquets ») se déplacent ensemble. Plusieurs pays subissent de graves dégâts aux cultures.
Le nombre de criquets pèlerins varie au fil du temps.
Et qu'en est-il des coûts ?
Nous ne connaissons pas le coût total exact des dégâts causés par les criquets. Il est également difficile de déterminer si les sommes consacrées à la lutte contre les criquets correspondent à la valeur des récoltes sauvées.
Cependant, pour les agriculteurs à titre individuel, les pertes peuvent être dévastatrices. Des champs entiers peuvent être détruits. Il est très difficile de protéger les cultures au niveau local, et il est compliqué d'accorder une compensation financière.
Pourquoi s'agit-il d'un problème politique ?
Les criquets pèlerins constituent également un enjeu politique pour les raisons suivantes : les essaims sont spectaculaires et attirent l’attention ; ils traversent les frontières nationales ; de nombreux pays peuvent être touchés simultanément. Lors des invasions, les pays donateurs envoient souvent des insecticides et des avions de pulvérisation. Mais il arrive parfois que l’aide soit envoyée sans avoir vérifié précisément ce dont on a réellement besoin. De plus, les pays n’ont pas toujours la capacité d’utiliser tout ce qui leur est fourni. Les insecticides invendus posent des problèmes de stockage et d’élimination.
Stratégie actuelle
La stratégie principale consiste aujourd’hui à endiguer les infestations dès leur apparition, avant qu’elles ne se transforment en véritables fléaux. Cela implique de lutter contre les criquets pendant la phase d’infestation ou au tout début de leur prolifération. Cependant, il existe peu de données de terrain prouvant que cette stratégie fonctionne systématiquement. Certaines études suggèrent qu’elle pourrait ne pas être très efficace. Les fléaux survenant de manière irrégulière, la gestion de ces infestations relève souvent d’une réponse de crise plutôt que d’une action mûrement planifiée.
Améliorations récentes
Les chercheurs travaillent à la mise au point d'outils et de méthodes plus efficaces, notamment en recourant aux SIG (systèmes d’information géographique) pour analyser les données d’enquête, en recourant au GPS et à la pulvérisation de précision pour un ciblage plus efficace, en étudiant comment les criquets passent d’un comportement solitaire à un comportement grégaire, en utilisant des insecticides à action prolongée dans les traitements de barrière, ainsi qu’en développant des biopesticides (tels que des champignons infectant les criquets), et en affinant la surveillance des conditions environnementales
Ce qu'il reste à améliorer
Selon les experts, nous devons : 1) approfondir nos connaissances sur les criquets pendant les périodes de calme (récession) ; 2) évaluer minutieusement les campagnes de lutte ; 3) élaborer de meilleures stratégies de prévention des infestations ; 4) mettre en place des plans d'urgence solides en cas d'infestation ; 5) former les personnes concernées à la mise en œuvre efficace de ces plans.
En termes simples : les criquets pèlerins sont imprévisibles et peuvent entraîner des pertes massives de récoltes dans de nombreux pays. Les nouvelles technologies sont utiles, mais une meilleure planification, une meilleure organisation et une meilleure préparation sont tout aussi importantes que les nouvelles découvertes scientifiques.