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BasculerLa lutte intégrée contre les ravageurs à Zanzibar grâce aux écoles pratiques d'agriculture
Au sein de l'université et centre de recherche de Wageningen, j'ai commencé à participer au projet « Renforcement de la division de protection des végétaux de Zanzibar » en 1986, dans un premier temps en tant qu'évaluateur. Au fil des années, mon rôle s'est élargi pour inclure l'appui technique, l'élaboration de projets et la coordination entre 1993 et 1999.
Au cours de cette période, Gérard Bruin a occupé le poste de chef de projet du programme de lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) (1994-1997). Ses expériences sont relatées dans cet ouvrage. Il a été secondé par Frans Meerman, un spécialiste chevronné de la lutte intégrée contre les ravageurs. La préface de l'ouvrage a été rédigée par Peter Kenmore.
Peter Kenmore est largement reconnu comme un agronome pionnier qui a contribué à développer et à promouvoir l'approche des « écoles de champ » (Farmer Field Schools, FFS). Grâce à son travail au sein de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans les années 1980 et 1990, il a joué un rôle de premier plan dans la promotion de l'apprentissage mené par les agriculteurs à travers des programmes de lutte intégrée contre les ravageurs (IPM), en particulier dans les systèmes de culture du riz en Asie du Sud-Est.

Ce qui est décrit dans le livre
Cet ouvrage captivant retrace l'histoire d'un parcours remarquable de seize ans de collaboration internationale dans le domaine de la protection des cultures à Zanzibar. Ce qui avait commencé comme une initiative traditionnelle, menée de haut en bas, visant à renforcer un organisme public de protection des végétaux s'est transformé en un mouvement inspirant, porté par les acteurs de terrain, qui a donné les moyens d'agir aux petits agriculteurs et a transformé l'agriculture de subsistance.
À travers des expériences concrètes et vivantes issues des « Farmer Field Schools » (FFS) des îles d’Unguja et de Pemba, cet ouvrage met en lumière les défis, les avancées et l’impact de cette approche innovante. Il présente les résultats obtenus dans cinq systèmes de culture différents et tire des enseignements précieux tant des réussites que des échecs. Fondamentalement, cet ouvrage met en évidence la manière dont le modèle des FFS — initialement développé pour la riziculture en Asie du Sud-Est — a été adapté avec succès aux réalités écologiques et socio-économiques propres aux communautés agricoles d’Afrique de l’Est.
Bien plus qu'une simple étude de cas, cet ouvrage offre une perspective riche et pluridisciplinaire sur le développement agricole, en abordant non seulement les facteurs biologiques et écologiques, mais aussi les forces sociales, économiques, politiques et institutionnelles qui sont à l'origine d'un véritable changement.

Le message est clair et porteur d'espoir : les écoles de terrain agricoles peuvent prospérer en Afrique de l'Est, à condition que les conditions nécessaires soient réunies. En sensibilisant les acteurs, en instaurant la confiance, en créant des partenariats solides, en mettant en place des politiques favorables et en mobilisant des ressources, les écoles de terrain agricoles deviennent un puissant catalyseur de collaboration et d'innovation. Si une transformation significative exige du temps et de l'engagement, cet ouvrage démontre qu'un impact durable n'est pas seulement possible : il est déjà une réalité.
Qu'est-ce qu'une école de terrain pour agriculteurs ?
Le concept des « écoles pratiques d'agriculteurs » (EPA) est simple : les agriculteurs apprennent par la pratique, ensemble, dans leurs propres champs.
Au lieu de rester assis dans une salle de classe ou de se contenter de recevoir des consignes, un groupe d'agriculteurs se réunit régulièrement tout au long de la saison de culture. Ils observent leurs cultures, testent différentes méthodes et discutent de ce qu'ils constatent. Souvent, ils comparent, par exemple, l'utilisation d'engrais par rapport à l'absence d'engrais, ou encore différentes méthodes de lutte contre les ravageurs.
Un animateur qualifié guide le groupe, mais ne fait pas de cours magistral. Ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui font des observations, posent des questions et apprennent les uns des autres.
En termes simples :
- 🌱 Apprendre sur le terrain, pas en classe
- 👩🌾 Les agriculteurs travaillent et apprennent ensemble
- 🔍 Ils observent, font des expériences et discutent
- 💡 Ils découvrent ce qui fonctionne le mieux dans leur situation particulière
Pourquoi cela fonctionne :
Comme les agriculteurs constatent les résultats de leurs propres yeux, ils font confiance à ce qu’ils apprennent. Cela renforce également la confiance en soi, les capacités à résoudre les problèmes et l’esprit de coopération au sein de la communauté.
Comment fonctionne une école de terrain pour agriculteurs ?

